Top 5 : les perles underground de 2016

By 04/01/2017ALBUM, CHRONIQUE

Voilà 2016 passée, et avec elle une multitude de très, très bons albums : le tant attendu nouvel opus d’A Tribe Called Quest, Malibu d’Anderson .Paak, ou untitled unmastered de Kendrick Lamar, pour ne citer que ceux-là. Autant de skeuds que citent presque unanimement dans leurs classements les grands médias, de Rolling Stones à Pitchfork.

De ce fait, j’ai préféré une fois encore vous proposer un top 5 sous une forme un peu différente : plutôt qu’essayer de sélectionner les « meilleurs » albums de 2016, je me suis efforcé de choisir cinq œuvres moins connues, plus discrètes, mais qui m’ont fait complètement tripé cette année. En somme, des albums que vous auriez pu rater, mais qu’il ne fallait justement pas rater. Inutile de préciser que le choix fut difficile et que l’exhaustivité devra patienter au moins jusqu’à l’année prochaine…

 

Lando Chill – For Mark, Your Son

L’une de mes grandes révélations de l’année : le MC et chanteur Lando Chill, nouvelle recrue de Mello Music Group, qui nous a livré cet été un premier album tout simplement hallucinant. Instrus ultra-frais, refrains chantés avec style et vibe soul à souhait sont quelques-uns des multiples atouts de ce natif de Tucson, Arizona. Si presque toutes les tracks de l’album pourraient faire un hit, c’est notamment Early in the Morning qui a tourné sur les réseaux sociaux et annoncé la couleur. Floating to Nowhere figure également parmi les pépites de l’album. Quand un jeune prodige se retrouve signé chez le label le plus solide du moment, cela n’annonce que de bonnes choses.

 

Ugly Heroes – Everything in Between

On ne change pas une équipe qui gagne. Or, l’immense beatmaker Apollo Brown et les deux MC’s Red Pill et Verbal Kent sont une équipe qui gagne à tous les coups. Leur premier album éponyme était déjà une des plus grosses claques de 2013. Après un skeud solo chacun, tous excellents, les voilà de retour ensemble avec Everything in Between. La recette reste la même : Apollo Brown fournit les gros beats qui tapent, mélancoliques selon l’humeur, pendant que Red Pill et Verbal Kent racontent leur vécu de working class whites, loin des cancans du (t)rap business. Le résultat, ce sont des tracks prenantes, fidèles au « Detroit state of mind », comme Daisies ou Roles.

 

Epidemic – Four Dimensions On A Paper

Les initiés se prosternent à chacune de leur sortie, Four Dimensions On A Paper, ne fait pas exception. Structuré thématiquement autour des quatre saisons de l’année, le quatrième opus du duo Epidemic demeure à mon sens un skeud taillé pour chiller au soleil de printemps : on y retrouve les beats jazzys et chauds qui fondent la vibe du groupe (la sortie en avril fut en tous cas un bon timing). Les lyrics, eux, suivent effectivement la valse des saisons, oscillant entre allégresse des beaux jours (sur Do What You Like) et mélancolie hivernale (sur Round’n’Round). Hex One et Tek-nition montrent qu’ils demeurent parmi les plus gros lyricistes du moment.

 

Reverie – Das Kleine EP

Elles restent sous-représentées, sous-estimées et sous-médiatisées, et pourtant… les rappeuses fabriquent une came extraordinaire. Coup de cœur cette année : Reverie, venue de Los Angeles, et son Kleine EP. Plusieurs clips, tournés entre Berlin, Amsterdam et Sofia, témoignent d’une petite tournée d’Europe durant laquelle Reverie s’est adjoint les services de très bons beatmakers, notamment le grand Figub Brazlevic, à la prod sur Just Wanna Love You. Des morceaux plus traps, comme Scheming, démontrent que la MC sait jongler confortablement avec les styles. Tous les mâles ne peuvent pas en dire autant…

 

The Other Guys – Life in Analog

The Other Guys, duo de beatmaker de Washington DC, nous ont offert une des très bonnes surprises de 2016. Regroupant plusieurs vétérans de l’underground de la côte Est (Substantial, Kooley High, Tanya Morgan), Life in Analog s’avère être un album quelque peu irrégulier, mais recelant plusieurs perles, notamment Realer than Most (feat. Skyzoo) ou Fruits of Our Labor. Il a aussi le mérite de redonner des couleurs à une école (représentée par des lascars comme Five Deez) que l’on pensait en voie d’extinction. Peut-être pas un chef d’œuvre, mais assurément une réussite.

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